mardi, 07 février 2012

Février 2012: Qu'il est bon d'arriver à Ste Anne en Mawtinik!

La dernière nuit à Ste Lucie est courte, après une chouette soirée en compagnie de Xavier et Yolaine du Rush Mixaki. Nous appareillons à 6 heures du matin pour les 25 milles qui nous séparent de la Martinique, espérant bénéficier de vents légers pour nous dégager confortablement de la côte. Nous partons heureux à l'idée de retrouver un petit bout de France : je ne sais pas si c'est le mal du pays, mais on a vraiment hâte! Nous ne craignons pas la navigation: le canal de St Vincent, réputé le plus dur à remonter, s'est montré relativement clément, celui de Ste Lucie ne devrait pas être très différent. Erreur! Si le Rush, 2ris dans la GV et génois partiellement enroulé, fait un super cap au près très serré, la mer, elle, est carrément démontée. Nous affrontons des grains durant lesquels le vent forcit à plus de 35 nds, on embarque de l'eau à chaque fois que l'étrave tape dans une vague, bref, c'est dur! A un moment, on est carrément passés dans une déferlante, et le carré a été inondé par l'eau pénétrant par les hublots pourtant bien fermés. Côté équipage, on n'en mène pas large, non par peur, ce ne sont pas les pires conditions vécues à bord de Ster Vraz, mais je reste scotchée à mon compagnon bleu qui n'avait pas servi depuis le Cap Vert, et Julien a le cœur au bord des lèvres (le fait de me voir vomir pendant toute la traversée n'a pas dû l'aider beaucoup non plus!). Heureusement que le bateau file, et la mer se calme quelques milles avant notre arrivée. Nous arrivons 4 milles à l'ouest de Ste Anne, et nous terminons notre route au moteur, non sans pester après les pêcheurs qui matérialisent leurs filets à l'aide de malheureuses bouteilles d'eau : la côte en est remplie, et il faut slalomer pour ne rien se prendre dans l'hélice.

Nous arrivons enfin au mouillage: il y a du monde, mais c'est sans difficulté que nous trouvons une place pour ancrer. Nous mouillons dans 3 mètres d'eau sur fond de sable, les eaux sont plutôt claires et on est relativement bien abrités du vent. Et il n'y a aucun boyboat! Nous retrouvons un bateau copain quitté à Mindelo, Bel Ami et son capitaine Henri. La transat en janvier n'a apparemment pas été aussi ventée qu'en décembre!

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Nous n'avons qu'une envie, c'est descendre à terre. Et on le constate rapidement, rien qu'au son des cloches de l'église, on est de retour en France. Oh, un magasin de presse! Une boulangerie! Une supérette pleine de trésors! Ces réactions peuvent sembler exagérées, mais retrouver des rayons correctement achalandés nous manquait vraiment. C'est certes plus cher que chez nous, mais que ne ferions-nous pas pour du vrai fromage et un saucisson?!

Sur le chemin du retour, nous passons voir un bateau que nous avions connu au Portugal et perdu de vue depuis: ce sont les Tim'Jak! Ils nous apprennent que la transat a été dure, d'ailleurs, ils mettent leur bateau en vente ici. Mais cela n'entame pas leur bonne humeur, et nous sommes embarqués dans une soirée chez un de leurs bateaux copains. Nous sommes arrivés sur Sanadio, un catamaran Nautitech 44, sur lequel naviguent Jean-Noël, Frédérique et leurs enfants. Après la visite du bateau, Julien et moi sommes convaincus que c'est avec ce genre de voilier que nous voudrions repartir en voyage. Que d'espace! Nous sommes à 8 adultes dans le cockpit et il y a 4 enfants qui évoluent autour de nous sans que personne ne se sente à l'étroit.

Julien et Gwendo de Tim' Jak ont apporté guitare et livres de chant, les voisins au mouillage profiteront de nos douces voix enhardies par le ti' punch une bonne partie de la soirée. Nous, on a une pensée pour vous les copains, quand on a chanté " Belle Ile en Mer" de Voulzy!
Le lendemain, il faut se lever pour aller voir les douanes au Marin. Un coup de bus plus tard, nous voici dans les bureaux sur le port, et je dois dire qu'ici les formalités sont très simples et rapides à faire. On tape sur ordinateur les informations habituelles, on imprime, un coup de tampon plus tard, hop, on est sortis, le tout sans débourser un centime. On fait le tour des accastilleurs, quel bonheur de trouver tout ce que l'on cherche sans effort! Seul bémol, nous tentons de faire marcher la garantie de notre pilote électrique, mais on nous répond qu'il faut s'adresser au magasin d'où il vient, à savoir...à Pornichet. Très pratique en grand voyage n'est-ce pas!

Le système des bus est très imparfait ici, Julien en refera l’amère expérience plus tard. Comme nous n’en voyons pas arriver, nous faisons du stop pour rentrer, quelqu’un nous prend tout de suite. Un jour, Julien part le kite-surf sur les épaules, et espère un bus pour rejoindre la côte au vent. Peine perdue, seul un bus dans cette direction passe en deux heures, et il ne s’arrête même pas devant les signes de mon capitaine ! Il n’a pas eu plus de succès à faire du stop et se pose la question : faut-il être avec une femme pour que le stop fonctionne facilement ?!

Du coup, on décide de partir à pied pour une rando de l’autre côté de l’île. Un tour à la boulangerie pour les sandwichs ( ah quelle facilité ici de manger sur le pouce !) et nous voilà sur le sentier de «  La Trace des Caps » qui longe le littoral sud et est de la Martinique. C’est une très jolie promenade durant laquelle nous passons dans des paysages très variés.
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La côte sauvage, comme souvent, est bien plus impressionnante que la côte sous le vent.
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Nous passons à proximité de l’étang des Salines, puis par la Savane des pétrifications, zone quasi désertique et désolée.
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On avancera ainsi jusqu’à la baie des Anglais, où nous faisons demi-tour après avoir perdu le sentier et erré dans les marais. Quelle rigolade quand Julien s’est enfoncé jusqu’à la cheville dans du sable boueux noir et puant ! Là on s’est dit qu’on allait peut-être rentrer, car la rando n’est pas une boucle, et la nuit tombe vers 18 heures.
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Nous voilà sur le chemin du retour, et nous arrivons à Ste Anne après une marche de 23 km qui nous aura bien occupés durant cette journée. Et pour la finir en beauté, nous passons la soirée sur Anegada, Sun Kiss suisse de Nicole et Pierre, rencontrés à Carriacou.

Notre vie sociale ne désemplit pas ici encore ! Julien part pêcher avec Laurent de Beltza et ils ramènent deux langoustes ! On n’en profite pas cette fois car nous sommes invités à déjeuner chez Sabine qui vit au Marin. Je suis impatiente et un peu stressée : nous nous connaissons via mon forum préféré depuis quelques années, mais nous ne nous sommes jamais rencontrées en vrai ! Par bonheur, le courant passe aussi bien que sur la toile, et nous passons une très chouette journée chez elle. Merci pour ton accueil Sabine ;-)

Nous allons rester encore quelques jours au mouillage de Ste Anne, puis nous poursuivrons notre découverte de l'île en nous arrêtant aux Anses d'Arlet. On est bien en Martinique!

Commentaires

Un bonjour de tous les camarades du port de nantes. On vous envi, ce matin -8 sur les quais de cheviré. Profitez bien.

Ecrit par : port de nantes | mercredi, 08 février 2012

Salut Frangin,
Toujours content d'avoir de vos nouvelles est désolé de ne pas pouvoir être avec vous.
Ici, -12°C ce matin à Cornebarrieu, contraste...

Pour le kite, va au spot du Vauclin, pointe Faula côté mangrove : c'est le top !

Bises à vous 2
Fabrice

Ecrit par : Fabrice Meynckens | mercredi, 08 février 2012

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